Seance du Conseil Municipal du 23 Janvier 1930

Lors de cette Séance du conseil municipal , Mr PENELON Frédéric (Maire) fait la lecture de la lettre de Mr RAVEL , Président de la Fédération des Mutilés des Yeux de la "Grande guerre" demandant une Subvention pour la Création du Foyer destiné à recueillir et soigner les Aveugles, Bléssés et Malades des Yeux.

le Conseil vote une subvention de 25 Francs. La somme étant affectée au budget de 1929 des "Dépenses imprévues" (budget global de 1500 francs).

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La « Maison des mutilés des yeux ». 

Sur Gallica

L’association générale « Les Mutilés des yeux » fut formée le 4 avril 1923, lors d’une assemblée générale constitutive qui se tint à Paris, à la mairie du 1er arrondissement (Journal des mutilés et réformés, n° 324, Samedi 14 avril 1923, p. 3). Son premier bureau était ainsi constitué : 
 
   ― Président fondateur : Docteur Jamart 
   ― Vice-président : M. Balester 
   ― Secrétaire général : M. Léo Joubert 
   ― Trésorier : M. Ranlic.  
 
   Son siège social était alors établi à Paris, au 12, rue Pergolèse (XVIIe Arr.), qui, semble-t-il, était l’adresse personnelle de M. Léo Joubert
 
   Il est à peu près établi que la raison sociale de cette association est ultérieurement devenue « Fédération nationale des mutilés des yeux de France et des colonies », puis, pour les besoins de sa déclaration d’utilité publique, intervenue vers 1930, « Association nationale des mutilés des yeux de France et des colonies ». 
 
   En 1930, l’Association nationale des mutilés des yeux de France et des colonies, qui comptait alors plus de 10.000 membres, tint son assemblée générale annuelle à Paris, à la Maison des mutilés, les samedi 28 et dimanche 29 juin (Journal des mutilés et combattants, n° 701, Dimanche 6 juillet 1930, p. 3). Il y fut notamment procédé au renouvellement des membres du Conseil d’administration ; furent alors élus : 
 
   ― Président honoraire : M. Ravel 
   ― Vice-président honoraire : M. Drugeon, dit Jeaud 
   ― Président général : M. Lobjois 
   ― Vice-président : M. de Bizemont 
   ― Vice-président : M. Hemmerdinger 
   ― Secrétaire adjoint : M. Léo Joubert 
   ― Trésorier général : M. Courcault ;  
   ― Trésorier adjoint : M. Lepoivre 
   ― Trésorier adjoint : M. Glaume 
   ― Membres : MM. Simet, Alkan, Beryl, Brichet, Bouley, Fourlet, de Saint-Simon, Coinon, Gripay, Machard, Besançon, Machet, Virollé,Dubreule, Burtin, Olivier, Cauquil, Vial et Frizzonni. 
    
   Au début de l’année 1931, l’association ouvrit à Paris une « Maison des mutilés des yeux » dans un hôtel particulier sis au 29 de la rue Guillaume-Tell(XVIIe Arr.) (Journal des mutilés et combattants, n° 729, Dimanche 18 janvier 1931, p. 3). Elle comportait notamment un service médical, un service juridique, une bibliothèque et un dortoir permettant d'héberger les membres de province de passage à Paris.  


 

● Le Figaro, n° 107, Dimanche 17 avril 1927, p. 4. 
 
 
 LES MUTILÉS DES YEUX 
 
   Il y a en France 50.000 mutilés des yeux. Sont ainsi désignés les anciens combattants ayant une infirmité oculaire résultant d’une blessure de guerre ou un accident en service commandé, maladies des suites de la guerre, à l’exclusion de toute autre catégorie. 
   Devant les injustices nombreuses et imperfections des lois, la
 Fédération nationale des mutilés des yeux de France et des colonies a été fondée en 1923 et compte actuellement 5.000 membres. 
   Elle a son siège social 12, rue Pergolèse et ses bureaux 1, rue de La-Réale. 
   Ce groupement est placé sous le haut patronage de M. Doumergue, président de la République, et son président est M. Ravel, blessé de guerre, chevalier de la Légion d’honneur, Croix de guerre. M. Ravel s’est toujours occupé de questions sociales et a été pendant de longues années président de l’Association des enfants de la Seine. 
   Son secrétaire général est M. Léo Joubert, fondateur de cette Fédération, qui s’est vite développée grâce à son initiative et à son dévouement inlassable. 
   Il eut l’idée, en 1925, de réaliser la
 " Maison des mutilés des yeux ", et cette Fédération, sous son impulsion, s’est mise à la tâche avec volonté absolue de réussir dans son entreprise et de réaliser son programme. 
   Ce foyer comprendra : 
   1° – Un service spécial de renseignements, qui sera chargé de faire toutes les démarches pouvant être utiles aux blessés des yeux ; 
   2° – Une salle de consultations gratuites, médicales, chirurgicales et juridiques ; 
   3° – Une salle de repos pour convalescents ; 
   4° – Un bureau de placement, pour eux et leur famille, ainsi qu’un vestiaire ; 
   5° – Une salle de jeux et de lecture, avec bibliothèque spéciale pour les camarades aveugles ; 
   6° – Une exposition des différents appareils de prothèse ; 
   7° –  Cour, conférences, rééducation, représentations théâtrales, etc. 
   D’ores et déjà, des concours précieux sont acquis à cette Fédération. Le
 Journal vient d’offrir sa salle des fêtes et une série d’artistes, qu’il convient  de désigner à l’attention de tous, ont offert leur gracieux concours : Mmes Suzanne Dalger, Jer-Men, Simone David, Marcelle Astier ; MM. Guys,Roger Bona, R. Mazars, G. Douking, Jacques Sylvier, Moraine. Ils donneront une série de représentations de Je n’aime plus, dont les recettes seront entièrement affectées à la " Maison des mutilés des yeux ". 
   Je n’aime plus est une  comédie gaie, dont l’auteur, Jacques Larcher, est un mutilé des yeux. Ces manifestations auront lieu au Journal, les 19, 20, 21 et 24 avril. Ces soirées se renouvelleront dans les mairies de Paris et de banlieue gracieusement mises à la disposition de cette Fédération. On trouve les billets : théâtre du Journal, au Figaro, au Petit Parisien, à la Fédération des mutilés des yeux, chez Jenot, 10, rue Drouot. 
   Visible pour tous, petits et grands, tout en passant une bonne soirée agréable, remplir une bonne action. 
» 
 
 
   ● Le Figaro, n° 71, Jeudi 12 mars 1931, p. 2, en rubrique « Les Cours, les Ambassades, le Monde et la Ville – Bienfaisance ». 
 
   « ... c’est au profit de l’Association nationale des mutilés des yeux de France et des colonies (reconnue d’utilité publique, siège social : 29, rue Guillaume-Tell, à Paris) qu’est organisée, sous le haut patronage de M. Gaston Doumergue, président de la République française ; du généralMariaux, président d’honneur, et de M. Léo Joubert, fondateur, une vente de charité qui aura lieu dans les salons du Ministère de la Marine, 2, rue Royale, le samedi et le dimanche 15 mars, de neuf à dix-neuf heures. » 
 
 
   ● Le Figaro, n° 88, Dimanche 29 mars 1931, p. 2, en rubrique « Les Cours, les Ambassades, le Monde et la Ville ». 
 
 M. Doumergue a inauguré la Maison des Mutilés des yeux 
 
   M. Doumergue a inauguré officiellement, hier matin, la Maison des mutilés des yeux, 29, rue Guillaume-Tell. 
   Le président était accompagné de l’amiral Vedel, de sa maison militaire. Il a été reçu par M. Champetier de Ribes, ministre des Pensions, les représentants des autres ministères, ainsi que les attachés militaires des ambassades d’Italie et de Pologne, le représentant du cardinal archevêque de Paris, et des délégués d’associations d’anciens combattants.  
   Le bureau de la
 Fédération nationale des mutilés des yeux, présidée par M. Lobjois, en compagnie de MM. Léo Joubert, secrétaire général, fondateur, et Courcault, trésorier, a fait visiter la maison aux invités. 
   M. Doumergue apporta avec ses félicitations pour les efforts constants de l’association, ses souhaits personnels assurant aux mutilés des yeux 
" que son cœur les suivrait dans sa retraite." » 
 
 
   ● Le Figaro, n° 114, Lundi 24 avril 1933, p. 2. 
 

LA MAISON DES MUTILÉS DES YEUX 

 
   Le Président de la République a inauguré hier la salle de rééducation aménagée dans la
 Maison des mutilés des yeux. 
   M. Schnitzer, secrétaire du Conseil municipal, représentait la ville de Paris. M. de Fontenay, président du Conseil municipal, était présent. 
   Dans son discours, M. Léo Joubert, fondateur de l’œuvre, a rappelé que la
 Maison des mutilés des yeux fut inaugurée en 1931, par M. Doumergue. Il a salué, en M. Lebrun, non seulement " le grand citoyen élevé à la première magistrature de l’État, mais l’ancien compagnon d’armes, le chef à la valeur incontestée et incontestable, en un mot le soldat qui sut brillamment faire son devoir et donner à chacun l’exemple de la bravoure et de l’énergie."
   M. Jean Machet, secrétaire général, a salué et remercié le Président de la République au nom des mutilés des yeux. 
   M. Lebrun a remercié et félicité les organisateurs en insistant sur la vie tragique de ceux qui ont perdu la vue. 
   M. Léo Joubert a ensuite remis les insignes de chevalier de la Légion d’honneur à deux grands mutilés : MM. Marescot du Tilleul et Bizemont, dont il a évoqué l’héroïsme et les souffrances.
 »