Août 1944 : 2 Héros Mort à Génissieux. (scan de l ' Article)

La commémoration du 68ème anniversaire de la libération de Romans vient de s’achever et essayons de trouver dans le passé des traces d’événements sur Génissieux. Romans fut libéré en deux temps : le 22 aout 1944 par les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI), mais la ville subit le retour des Forces Allemandes le 27 aout en cours de repli du Sud vers le Nord, trois jours terribles avant d’être définitivement libérée le 30 Aout 1944.

Frédéric BARACAND – Mort pour la France le 27 Aout 1944 :
Absent du Monument aux Morts de notre village, il figure par contre sur la Plaque Commémorative à l’ Hotel de Ville de Romans. Ce Dimanche 27 aout, il fut fusillé à bout portant par les allemands alors qu’il rentrait à son domicile de Romans (10 rue Félix Faure) venant de la Ferme qu’il exploite à Génissieux . Son acte de décès est dressé en notre commune et transcrit à Romans avec la Mention « Mort Pour la France – N° 86228 du 28 Décembre 1945».
Membre de la Résistance, il participa activement aux ravitaillements des FFI, selon Laurent Jacquot que je cite :
« A partir du dimanche 6 août, alors que les Allemands restent vigilants et menaçants, d'autres maquisards romanais et péageois, survivants du Vercors, arrivent dans les deux cités, amaigris et fourbus, après quinze jours passés dans les bois, à la recherche de nourriture et de l'eau, à la merci des patrouilles ennemies. Un jeune Romanais de 18 ans réussit à faire sortir du Vercors et à guider jusqu'à Romans un groupe d'hommes, la plupart d'origine alsacienne. Le groupe de Marcel Armand s'est retrouvé dans la ferme Baracand à Génissieux ; la section "Jacquelin" à Montmiral. Octave Taravello et ses 24 hommes récupèrent à la Sône un camion à gazogène qui les conduit, par Génissieux, jusqu'à la bourrellerie Taravello au quartier de la Vessette où des armes sont à nouveau cachées. »
Sur le recensement des Exploitations agricoles de 1942 effectué dans la drome, la ferme Baracand avait une surface de 33 Hectares et 44 Ares dont 30H labourables – 3H pour la vigne – 0H40 Non agricole – 4 ares de jardins potagers. Le nombre de personnes employées était de 2 et le nombre de membres de la famille travaillant sur l’exploitation de plus de 14 ans était de 6 personnes y compris Frédéric Baracand. Concernant le cheptel, l’ on recense en Automne 1942 : 2 chevaux – 1 vache laitière – 13 Ovins – 3 chèvres – 6 porcins et divers animaux de Basse-cour.

Victor DELESTRE – Mort pour la France le 29 Aout 1944 :
Présent sur notre Monuments aux Morts de la commune, Victor est aussi inscrit sur trois autres monuments :
• Plaque Commémorative à l’Hôtel de Ville de Romans avec une orthographe différente DELAISTRE.
• Plaque Commémorative à l’Eglise Saint Jacques de la ville de Le Tréport en Seine Maritime
• Monument aux Morts de la ville de Le Tréport situé au Cimetière, Route de Dieppe
Le Mardi 29 aout, Victor meurt au combat.
Mortellement blessé suite à un bombardement d’obus allemands près de la ferme BASSAL, il est transporté à la Mairie de Génissieux avec un groupe d’autres blessés comprenant son frère. Victor décède sans avoir repris connaissance une heure après sa venue. Le surlendemain dans le cimetière du village ont lieu ses funérailles très émouvantes et en toute simplicité dans un caveau temporaire puis dans un caveau définitif à Romans. Appartenant au 11ème Cuirassiers du commandant Thivollet, Victor avait participé aux combats du Vercors. L’acte de Décès a été dressé à Génissieux et transcrit à Romans en sa commune de domicile avec la mention « Mort Pour la France - N° 86230 du 28 Décembre 1945».
Habitant au Tréport, Victor est réfugié dans la Drôme : né à bordeaux le 24 juin 1916 et exerçant la profession de Verrier. Il est Incorporé au grade de Caporal au 3ème Régiment de Tirailleurs Algériens stationné à Souk Ahras dans la région de Constantine. Démobilisé le 9 Septembre 1940 il se réfugie à Romans chez Mr Clairefond quartier « La Gloriette » puis au 55 rue Parmentier pendant le reste de la guerre.
Marié depuis peu à Romans, issu d’une famille de conditions modestes de 10 enfants, Victor laisse une veuve sans grandes ressources et une petite Georgette, né à titre posthume le 4 Décembre 1944.
Le Conseil Municipal en Réunion en Aout 1945 sur proposition du maire Simon CHOPIN, décide de :
- Faire graver sur le Monument aux Morts le nom de « Victor DELESTRE »
- D’allouer une somme de 500 Francs sur un livret de Caisse d’ Epargne à sa Fille Georgette (ou il est précisé : disponible à son mariage ou à sa majorité).

Sources :

- Archives municipales de Romans / Archives municipales de Génissieux / Archives Departementales de la Drome

- Site Memoires des Hommes / Site Mémorial Genweb / Laurent Jacquot – SEHR et http://www.museedelaresistanceenligne.org

A Travers la presse, les livres ou autres archives qui sont parvenus jusqu'à nous, on trouve des bouts d’histoire, des morceaux de destins, des fragments de récit qui méritent d'être racontés. Ils sont autant de témoignages de l’histoire de Génissieux .
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